Sonntag, 25. März 2012

Une session est une session est un travail fou


Jeudi, 9 février 2012

A l´ordre du jour : Réunion de production hebdomadaire.
Présents : Augusta et Soumaila, dit Soum ; les deux représentent les intérêts des comédiens. Le CITO est représenté par Honoré, régisseur général – et, à ma maigre connaissance, le seul végétalien ouest-africain. J´avoue en passant qu´en Suisse aussi, je n´entretien que très peu – pour ne pas dire pas du tout – de contacts avec et relatifs à des végétalien(nne)s. Les carnivores me sont plus proches. Moi, personnellement. La suite du texte, ce n´est pas le moment de se perdre en bavardages. Donc : Adjara, la costumière, qui souligne que sans argent, elle ne peut tout simplement pas coudre de costumes…
Amado, technicien et formateur Lumière et sa stagiaire Lumière et Si Béma, l´un des deux musiciens. Monsieur Zongo, administrateur du CITO et au plus haut échelon de la hiérarchie, comme déjà annoncé, se fait représenter par Honoré, car il doit passer des contrats importants. Si bien que la réunion ne commence pas exactement comme d´habitude. Autrement dit : le protocole n´est pas respecté à la lettre.  Car, en général, c´est Monsieur Zongo (ou Monsieur Adama) qui donne la parole ou alors on demande, en levant la main – vieille école – « Puis-je prendre la parole ? ». Sinon, en règle générale, et pas de règle sans exception, on respecte l´ordre tel qu´il a été proposé par Monsieur Zongo. Compris ! C´est-à-dire que l´ordre peut changer, mais pas le lever-la-main, aussi obligatoire que notre Feldschiessen (l´exercice annuel de tir militaire). Le bavardage dérangeant ordinaire est puni de regards sévères. Mais cela arrive malgré tout, en fonction de la chaleur et du thème.
Aujourd´hui, c´est Si Béma, l´un des musiciens, qui – je le dis sans détours – prend le premier la parole, après en avoir reçu l´autorisation de Roger Nydegger, le metteur en scène. En fait il revenait à Honoré de le faire. Mais Honoré n´est pas seulement végétalien, c´est aussi un Rastaman, très cool. Il sourit à la ronde et paraît très détendu. Retour de manivelle, les deux représentants des comédien(ne)s font remarquer à Si Béma que ses requêtes, à l´avenir, devront être introduites par leur intermédiaire, autrement on n´aurait pas du tout besoin de représentants… C´est la vieille rengaine : les Blancs de gauche, pas les Blancs sages, et la hiérarchie… Si Béma parle quand même (une des exceptions, justement) et raconte combien il est difficile de collaborer avec Mabrou, l´autre musicien. En fait de collaboration, ce n´est pas co-, mais plutôt solo et solo. Tiens... On le sentait venir, c´était présent depuis le début des répétitions. Leurs propositions d´accompagnement musical n´ont pas convaincu : ni la chorégraphe, ni les comédiens, ni la régie, ni la dramaturge, ni eux-mêmes. Mabrou étant absent, on n´en débat pas plus longuement, mais on a quand même identifié le problème, et on convoquera une réunion avec les deux, pour clarifier le tout (ou peut-être pas tout à fait tout).


Le bus du Théâtre de la Fraternité - le bus du CITO est dans un état presque comparable ...
La suite du texte. Les comédiens sont toujours dans l´attente de leur contrat. Un contrat (unique) incluant la tournée prévue, ou bien deux contrats distincts ? Honoré ne sait pas exactement, Monsieur Zongo s´occupera des contrats. Pour information : pour les comédiens et comédiennes, il est important d´avoir un contrat légal en poche, car c´est alors seulement qu´ils ont une assurance-maladie. Sans engagement pas de caisse d´assurance-maladie. Et ici, on est vite malade. De plus, les représentants des comédiens suggèrent que le CITO achète un nouveau bus pour la tournée prévue, car le bus actuel est plus guimbarde et caisse que véhicule de transport. Honoré prend note et transmettra. Et ça continue ainsi jusqu´à ce que, après environ 70 minutes, tout est noté et retenu. À l´exception du titre de la pièce : on ne l´a toujours pas. Alors que mon objectif était qu´après cette réunion, nous sachions enfin quel nom donner à notre pièce. Voilà déjà des semaines que nous aurions dû mettre en chantier la page d´accueil du site. Puis l´affiche, puis le travail de presse, puis la promotion, et qu´est-ce que j´ai oublié d´autre ? Na n zemsame, ça va aller. Notre gecko domestique numéro 2, le petit, jette un coup d´œil par-dessus mon épaule, et je suis envahie par la douce sensation qu´il ne se fout pas mal du clic-clac des touches de mon ordi, l´important étant que la clim´ ne fonctionne pas… Dans le jardin, les grillons chantent, et notre gardien veille sur nous.


Gecko domestique No 2





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