Et voilà : 32 degrés.
Avons bouclé hier la deuxième semaine de répétitions.
Pour la scénographie et pour les répétitions, nous avons à présent à notre
disposition trois éléments mobiles et deux bancs. En outre, notre magasin
d´accessoires est équipé de deux chemises militaires, cinq chemises civiles,
diverses robes de femme, des bijoux, quelques hauts-talons, une perruque, trois
ceintures – le tout Importation Brockenhaus Wiedikon. À partir de lundi, nous
aurons, pour les répétitions, quelques fusils (en bois) du magasin
d´accessoires du CITO. Et commande a été passée de 28 roulettes avec vis et tout-tout-et-tout.
Concernant les titres qui ont été proposés jusqu´à ce
jour, l´administration du CITO a opposé son veto. Les propositions faites par
notre troupes seraient trop vulgaires, sinon même obscènes. Si nous
avions utilisé le mot Vagin dans
le titre, cela attirerait en outre le mauvais public.
Ouais. Nos jeunes comédiens font montre de compréhension et trouvent que cela
fait quand même un peu dépassé. Petits problèmes de générations partout. À ce
sujet, je me suis permis une réflexion sur le mauvais public ; j´ai trop
chaud pour plusieurs.
Peut-être que le mauvais public serait en fait le bon, et
peut-être que le bon public serait justement le mauvais? Toute nouvelle
proposition, de Monsieur le Directeur : Sevrage. Grève du sexe,
privation de sexe… On verra.
| En route vers Koudougou - Bazoulé |
Après le boulot, le plaisir. Samedi, pas trop-trop tôt.
Nous sommes en route. Nous allons admirer et nourrir les crocodiles (avec des
proies vivantes, s´entend), et nous nous faisons présenter les crocodiles
sacrés de Bazoulé. Ce qui, à première vue, ressemble à un superbe piège à
touristes (et en est quand même un), s´avère être, à y regarder de plus près,
une des rares initiatives privées dont profite tout un village. Qui peut, avec
les nombreux dinosaures du marigot, s´offrir une école et un minimum de
prestations vieillesse – c´est-à-dire que quand ça chauffe vraiment, le chef de
village achète du riz pour les vieux et les personnes démunies. Le chef de
village a longtemps été contre un développement du tourisme, parce qu´il
craignait que ses communaux ne se transforment en ces drôles de Nassaras (de
Blancs).
Le succès ou mieux : les rentrées d´argent l´ont amené à réviser
sa position. Le concept est simple. Un marigot, des tourites (locaux, beaucoup
d´ONG) et des bus entiers de classes (d´écoles privées quand même), qui
achètent des poulets (autrefois c´étaient des grenouilles), et quelques guides,
qui attirent les crocos sur la terre ferme à l´aide des poulets quelque peu
(quand même) affolés. Là, tout ceux qui ont payé pour un poulet, peuvent poser
les pieds sur le croco ou même s´asseoir dessus et, finalement, l´attraper par
la queue. Un porte-bonheur pour qui ose. Encore des questions ? Puis le
poulet s´agite devant la gueule de croco et allez hop : un grand bond,
imposant, deux-trois claquements de mâchoires, et notre poulet à 2 Francs
suisses et 20 centimes appartient au passé.
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| Le metteur en scéne |
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| Allez! |



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